Première journée choc au Hellfest avec bon nombre de concerts qui ont lieu en même temps, rendant certains choix carrément impossibles à l’avance… Nous ferons des choix de dernières minute que nous espérons ne pas regretter. À côté de ça le soleil brille toujours sans être trop oppressant, les températures sont idéales. On se met en route relativement tôt pour se rendre… à la Valley !

On démarre avec un groupe que nous avons vu au Botanique, mais c’était déjà il y a pratiquement trois mois et on s’impatiente de les revoir. Les Ukrainiens de Stoned Jesus viennent aujourd’hui nous abreuver de leur prog stoner sous une chaleur agréable et correspondant bien au climat de la musique. Il y a déjà un beau petit paquet de monde sur la plaine de la Valley pour les accueillir. Après leur mésaventure de l’an dernier qui leur aura valu de jouer dans la Purple House, cette année tout le monde est à l’heure et prêt à en découdre. Une intro similaire au Bota avec les deux morceaux qui ouvrent leur album Songs to the Sun : New Dawn et Shadowland qui s’enchaînent parfaitement bien. Ils passent à Under the Skin, nouveau morceau de l’album à venir cet automne : Songs to the Moon. Ils jouent davantage avec le public que lors de leur concert en salle, ça correspond bien à l’esprit du festival. Ils ont clairement leur place plus haut dans l’affiche. Qui sait ? Un jour nous les retrouverons en tête d’affiche et ce sera avec le même plaisir. Nous avons droit ensuite à l’enchaînement See You On The Road et I’m The Mountain, toujours aussi efficace. Pour finir, le groupe réussit l’exploit de lancer un circle pit sur Here Come The Robots dans la Valley. Nous vous assurons que ça n’arrive pas tous les jours ! Le public est bouillant et réagit vraiment au quart de tour quand le groupe les sollicite. On dirait qu’ils ont gagné le coeur du public du Hellfest. Autant nous avons beaucoup apprécié leur prestation en salle, autant ici avec le soleil et cette plaine, c’est idéal. Ce concert est une réussite de bout en bout, il ne fait que confirmer notre amour pour le groupe et l’envie de les revoir.

En passant nous pouvons quand même vous parler de Torche. Car même si nous n’en ferons pas une analyse approfondie, nous avons passé un très bon moment. Assis en recherche d’ombre, nous avons vécu le concert un peu en dehors de la foule mais nous y avons pris beaucoup de plaisir ! La musique des américains est d’une efficacité redoutable. La seule zone d’ombre, hormis celle dans laquelle nous étions posés, est la voix du chanteur dont nous ne sommes pas hyper fan. Mais ça reste bien subjectif comme appréciation. Musicalement le groupe régale avec un mélange de stoner et sludge qui leur est propre. Profiter des concerts de cette manière fait partie d’un festival dans son ensemble et là c’est archi réussi pour le coup. Nous en profitons pour tester un nouveau stand de nourriture avec l’aligot-saucisse. Une combinaison qui colle bien au corps, avec ça nous sommes parés pour la soirée et les shows qui s’annoncent.

Premier vrai passage sur les Mainstage pour nous cette année avec un groupe d’une justesse pratiquement inégalée : Opeth ! Le seul débat qu’il peut y avoir autour de ce groupe, est simplement de savoir quel est leur meilleur album… La dernière expérience que nous avons eue avec le groupe remonte à leur concert à l’Ancienne Belgique au début 2025. Les membres de ce projet ont pas mal changé depuis sa création, le maître à penser restant Mikael Åkerfeldt, Martín Méndez à la basse depuis environ 30 ans, Fredrik Åkesson à la guitare et choeur, Joakim Svalberg aux claviers et enfin le petit dernier, Waltteri Väyrynen à la batterie depuis le dernier album sorti en 2024 : The Last Will and Testament. Le groupe en vaut vraiment la peine, au point que nous sommes allés nous placer tout devant, au 6e rang.

Cette place privilégiée nous assure un son impeccable, ce qui est primordial pour les apprécier. L’inconvénient étant que nous ne pouvons pas profiter entièrement des projections. De toute façon, il fait encore beaucoup trop clair pour pouvoir en profiter réellement donc nous sommes simplement gagnant avec ce choix. Seulement 55 minutes de set sont prévues, ce qui ne laisse pas la place à beaucoup de titres. Ils ouvrent avec §1 histoire de nous installer dans l’ambiance. Avant le morceau §7, également issu du dernier album, le leader atypique reste lui-même sur scène et nous sort un discours que nous n’avons pas l’habitude d’entendre sur scène. Il sait que la plupart des personnes qui découvrent Opeth vont trouver ça à chier ou que leur musique leur passe au-dessus de la tête. Mais c’est le jeu des festivals et ça lui convient très bien, il n’est pas dupe le boug. C’est sûr que le métal progressif qu’ils proposent n’est pas des plus accessibles pour tout le monde. Chaque morceau est interprété à la perfection, ils ne laissent pas de place à l’improvisation, chaque note est pensée et travaillée pour se trouver à cet instant précis. On profite d’être aussi proche de la scène pour voir les doigts du bassiste virevolter sur son instrument, ce qui nous hypnotise par moment. Les changements de guitares et accordages surviennent pratiquement à chaque chanson. Ils terminent leur set avec Deliverance, de l’album du même nom, pour le plus grand plaisir des fans et des personnes qui découvrent. Un concert beaucoup trop court mais qui nous aura fait beaucoup de bien !

C’est parti pour nos giga chouchou du jour : SLIFT ! Les toulousains viennent de sortir leur dernier album Fantasia il y a quelques semaines. Le groupe est toujours composé des frères Jean et Rémi Fossa. Ainsi que le batteur Canek Flores. Tout doucement l’obscurité prend le pas sur la lumière lorsque le concert démarre, laissant le showlight nous éblouir au fur et à mesure que le concert avance. Le groupe débute le set un peu comme Stoned Jesus plus tôt dans la journée, avec les deux premiers morceaux de leur nouvel album : Fantasia et Corrupted Sky. On se prend un mur d’émotion en pleine face avec le premier morceau. Ils parviennent à nous choper dès les premiers instants et nous n’en sortirons plus… Nous vivons une véritable transe du début à la fin. Les projections sont les mêmes que sur les tournées précédentes et vu comme c’est raccord avec la musique, il n’y a pas de raison de changer.

La voix du chanteur est toujours aussi puissante et sauvage, sa rage vient résonner à l’intérieur de nous. Pendant que les riffs en forme de mantra nous font décoller et laissent notre esprit se faire happer. Nous n’avons absolument pas vu le concert passer, ce n’est que lorsqu’ils annoncent le dernier morceau que l’on se rend compte de l’état dans lequel ils nous ont mis. Le morceau The Day of Execution est une pépite incroyable en live ! Déjà sur album nous l’avions beaucoup apprécié, mais alors en live il prend encore une dimension supérieure. Il nous faudra d’ailleurs quelques minutes après le concert pour vraiment redescendre de cette transe cosmique qu’ils nous ont fait vivre. Pour l’instant nous sommes clairement sur notre concert préféré du festival. Même si nous apprécions déjà le groupe avant, cette performance les fait encore grimper plus haut dans nos coeurs. Vivement la fin de l’année et leur concert à l’Ancienne Belgique !

Passage quotidien à la Warzone pour voir le punk / post-hardcore des américains de La Dispute. Avec Jordan Dreyer au chant, Brad Vander Lugt à la batterie et aux percussions, Chad Sterenberg à la guitare, Adam Vass à la basse et enfin Corey Stroffolino comme guitariste de tournée. C’est la première fois que nous voyons le groupe en live, la surprise est totale de notre côté même si nous avons eu un gros coup de coeur à l’écoute de leur discographie après l’annonce de l’affiche. Le chanteur déploie une énergie assez dingue sur scène, sautant partout et arpentant la scène de gauche à droite sans arrêt. Quelque chose de terriblement sincère émane de lui, il déclame les textes avec ses tripes. Leur musique et sa façon de chanter sont fortement teintés de mélancolie. Une forme d’énergie rebelle désenchantée qui est accompagnée à merveille par la musique du groupe. Nous avons été profondément touchés par ce groupe, avec un mélange d’émotions qui vont de la rage de se battre à la déception de voir l’état actuel du monde. Afin de ne pas sombrer complètement dans la dépression en cette fin de journée, nous faisons le choix de partir un peu avant la fin. C’est aussi pour aller bien se placer pour le dernier concert du jour…

Place au dernier groupe de la journée avec Blood Incantation pour notre première incursion dans la tente Altar. Les américains originaires de Denver dans le Colorado nous proposent du black metal progressif cosmique à tendance psychédélique. Alors oui, cette association de termes ne vous parlera peut-être pas, mais il nous est impossible de les décrire autrement. Il ne vous reste qu’à les écouter pour vous faire votre propre idée du style dans lequel vous souhaitez les classer. Le groupe a débuté il y a une dizaine d’années sous l’impulsion du bassiste et chanteur Paul Riedl. Il est accompagné par le guitariste Morris Kolontyrsky, Jeff Barrett à la basse et Isaac Faulk à la batterie. De part et d’autre de la scène se trouvent des monolithes rappelant le graphisme de leur album sorti en 2024 : Absolute Elsewhere. Ils débutent d’ailleurs avec The Stargate [Tablet I], ce qui met dans l’ambiance directement. L’ensemble est d’une puissance, d’une justesse et d’une maîtrise. La prestation est hyper impressionnante à voir. La qualité du son est incroyable, la double grosse caisse ne prend pas le dessus sur le reste. Nous pouvons profiter de chaque instrument et des voix sans le moindre souci. Nous le répétons souvent mais le son ici au Hellfest est quand même généralement excellent si on sait se placer judicieusement. Le chanteur / bassiste change d’instrument en plein morceau, ça ce n’est quand même pas quelque chose que nous voyons souvent. Même Opeth ne nous a pas fait ce coup là ! Les Américains ont joué l’intégralité de leur dernier album, les 45 minutes sont passées à une vitesse folle. Après ça, ils en profitent pour remercier le public pour leur soutien durant plus de 10 ans et jouent un morceau plus ancien pour terminer ce set en beauté. Nous sommes très heureux d’avoir pu découvrir ce groupe en live dans d’aussi bonnes conditions. Il y a cependant quelque chose qui nous reste à l’esprit après avoir vécu ce moment… Le groupe est programmé cette année à Werchter et nous nous demandons bien comment le public va accueillir ce genre parce que ça détonne un peu avec le reste de la programmation. En espérant que certains fassent l’effort de la découverte et apprécient le moment comme nous l’avons fait.

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