C’est parti pour le troisième jour du festival, le samedi est le jour le plus dense pour nous. Tous les groupes de la Valley nous intéressent. Cependant nous savons qu’il est malheureusement impossible de tout voir. Mais ce n’est pas l’unique scène du festival, avec les annulations et les changements d’horaire il va falloir courir pour assister à un maximum de shows. Nous avons deux jours dans les pattes et si nous voulons encore tenir debout pour le dernier jour, il faudra se ménager quelque peu. Surtout avec la chaleur qui remonte en flèche aujourd’hui, les organismes sont mis à rude épreuve.

Après une marche effrénée, nous avons fait le trajet maison-festival en 30 minutes à la place des 45 habituelles. À la non-surprise générale, on se dirige vers la Valley pour les Belges de Psychonaut. Aujourd’hui sur scène on retrouve Stefan De Graef au chant et à la guitare, Thomas Michiels à la basse et Harm Peters à la batterie. Le groupe est signé sur le label allemand Pelagic Records et aime beaucoup collaborer avec d’autres artistes, ainsi que promouvoir des groupes moins connus. Ils ont par exemple travaillé avec Stefanie Mannaerts de Brutus ou Colin H. Van Eeckhout de Amenra. Malgré notre course folle du matin, nous n’arrivons que pour la seconde moitié des 40 minutes du set et il est un peu difficile de rentrer directement dans l’ambiance. Surtout que le public est déjà bien présent et compact en ce samedi rendant l’accès compliqué. Le dernier morceau, un peu plus calme, nous permet de redescendre de l’adrénaline du trajet et de nous mettre au diapason de l’ambiance générale. Vu le monde sur la plaine et les applaudissements, les Belges ont réussi leur coup ! Pour notre part ce n’est que partie remise, dès que nous aurons l’occasion de les revoir, on foncera sans hésiter.

Quelques petits mots sur les anglais de Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs (ou abrégé en Pigs7x) qui, sous une chaleur étouffante, ont distillé leur stoner de manière impeccable. Nous avons démarré le concert assis mais la réverbération de la chaleur sur le sol fait que l’on doit chercher un peu de fraîcheur. Heureusement il y a un brumisateur géant installé sur le côté gauche de la scène et on revit ! Du coup, nous avons passé une bonne partie du concert en nous faisant régulièrement arroser, c’était indispensable à notre survie. Ça nous a rendu le concert beaucoup plus supportable, et comme d’habitude avec ce style, les températures et l’aspect désertique de la Valley collent au poil. Nous avons assisté à l’un des rares concerts où nous n’avons pas subi l’odeur des toilettes et c’est plutôt mieux ainsi.

Au tour de l’un des groupes s’approchant du divin, les Irlandais de God Is An Astronaut et leurs compositions post-rock. Le groupe est formé en 2002 par les frères jumeaux Torsten et Niels Kinsella, ils sont accompagnés par Lloyd Hanney et Jamie Dean. Au centre de la scène nous avons la chance d’avoir Jo Quail au violoncelle. En voilà une très agréable surprise ! Que pouvons-nous dire à part que ce style de musique, et surtout aussi bien effectué, nous fait voyager ? Nous fermons les yeux en nous laissant guider uniquement par les mélodies et les nappes de son émanant de la scène. La longueur des morceaux nous permet d’y rentrer et de se laisser aller durant de longues minutes. Notre esprit vagabonde pendant que notre corps se chaloupe doucement. Nous avons droit à, dans le désordre, Epitaph et All is Violent, All is Bright qui sont deux merveilles qui font un bien fou à l’âme. Malgré la chaleur ambiante, ce concert nous rafraîchit le corps et l’esprit. Les seuls instants où nous redescendons sur terre c’est pour applaudir la performance (ou quand l’odeur des toilettes nous ramène à la réalité…). Merci pour le voyage, notre âme a quitté notre corps le temps du concert. Ce genre de concert devrait être remboursé par la sécurité sociale tant il fait du bien.

Nous faisons enfin une incursion dans la Temple avec les Finlandais de Oranssi Pazuzu. Nom tiré de terme « orange » (oranssi en finnois) et celui de la divinité mésopotamienne Pazuzu. Groupe de black métal psychédélique que nous avons découvert au festival Roadburn et quelle claque ! Le groupe s’est formé en 2007 par Juho « Jun-His » Vanhanen au chant / guitare et le bassiste Ontto. Nous retrouvons Ikon à la guitare, Korjak à la batterie et EviL aux claviers et percussions. Ikon bouge dans tous les sens, il semble être possédé par la musique ou bien est-ce lui qui possède la musique ? La performance du groupe tout entier est dantesque et le son encore une fois d’excellente qualité. La distorsion des guitares ainsi que les effets sur les voix rendent aussi bien que sur les albums. Si vous adhérez à la musique du groupe, il ne faut surtout pas hésiter une seconde à aller les voir en concert. Le show light, quant à lui pêche, un peu par moment. Malgré que l’on soit dans une tente, il fait fort lumineux. On se laisse emporter par le rituel des Finlandais, jusqu’à l’apothéose avec le morceau Hautatuuli que nous espérions.

Nous ne bougeons pas trop loin et nous nous rendons à côté dans la Altar pour les divinités grecques de Septicflesh. Nous arrivons dans l’univers du death metal avec ce groupe formé au début des années 90. Malgré quelques pauses et remaniements de line-up, ils reviennent au Hellfest pour la 6ème fois ! Nous pouvons dire qu’il y a une petite histoire particulière entre le groupe et le festival clissonnais. Comme à son habitude le groupe a une très belle scénographie, avec une arrivée sur scène quelque peu théâtrale. L’interaction avec le public est immédiate et la tente réagit comme un seul être, Spiros « Seth » Antoniou sait y faire. Pas besoin de salutations formelles ou de petit round d’observation, tout le monde est là dans le but de profiter de l’instant. C’est rare que nous aimions ce genre de groupe, le death metal n’étant pas notre style de prédilection, et pourtant eux, font mouche. La rythmique métronomique est un puissant délice pour les oreilles. Le chanteur à la voix claire, Sotiris Vayenas, n’est malheureusement pas là ce soir, ses parties sont donc sur bandes son. Pour la setlist nous avons principalement droit à des morceaux issus de Codex Omega et Modern Primitive. Nous partons un peu avant la fin afin d’avoir le temps de manger avant l’un des groupes que nous attendions le plus du festival.

Pour ce soir au menu ce sera un petit ramen. Comme l’an dernier, ce n’est pas le meilleur que nous ayons mangé mais ça fera très bien l’affaire, on va éviter d’être trop lourds pour le concert à venir. Nous nous installons donc une bonne heure à l’avance au 2ème rang de la Valley pour attendre les divinités fondatrices de la Church of Ra.

Nous voulons bien sûr parler des Belges de Amenra ! Nous avons vu le groupe à l’AB au mois de mai mais nous retournons les voir ici au Hellfest sans une once d’hésitation. Le groupe se forme à Courtrai et se compose à présent de Colin H. van Eeckhout au chant, une des guitares est pour Mathieu Vandekerckhove, l’autre pour Lennart Bossu, Amy Tung Barrysmith à la basse et Bjorn Lebon à la batterie. Les concerts d’Amenra sont de véritables cérémonies avec leurs codes et le respect que ça impose. Nous savons bien qu’ici en festival ce n’est pas la même chose et que tout le monde n’est pas là pour respecter cela alors nous faisons avec et nous y étions préparés. Le groupe arrive sur scène, comme à son habitude, sans dire un mot. Le chanteur ne regarde pas le public et vient se positionner de dos.

Dès les premiers riffs de guitares et breaks de batterie notre cou se balance d’avant en arrière et ce sera le cas pour toute la durée du concert. Nous entrons dans une transe musicale en lien avec ce que le groupe propose. Ce qui nous surprend directement, c’est que le chanteur Colin se retourne pour faire face au public dès le premier morceau. Il a plutôt l’habitude de jouer dos au public, ne lui faisant face qu’à quelques rares occasions. Mais nous avions constaté lors du concert à l’AB qu’il passait déjà plus de temps face au public que par le passé. On peut alors voir sur son visage toute l’émotion qu’il met dans sa voix. Ce que nous ressentions jusqu’ici uniquement par la voix, se ressent également avec l’expression corporelle du chanteur. Vu la fanbase du groupe, il est relativement difficile de pouvoir s’approcher aussi près de la scène en général. C’est un avantage des festivals que de pouvoir bien se placer sans devoir attendre une journée entière. La lourdeur de leur son n’a d’égale que la puissance des émotions qu’ils transmettent. Les changements dans les setlists sont minimes entre les dates et tournées. Nous avons droit aux magnifiques Plus Près de Toi, De Evenmens, la plus attendue A Solitary Reign et l’abrupte Diaken pour clôturer le set. Merci, dank u.

« Peu à peu ces fleurs tomberont, Il ne restera que les Epines« 

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