Dernier jour, dernières forces lancées dans la bataille… La chaleur est étouffante et met l’organisme à rude épreuve, ce qui retarde notre départ sur le site. Cela s’explique aussi par un planning moins chargé pour nous aujourd’hui et heureusement. En revanche, il y a quelques groupes que nous n’avons jamais vus et qui nous intéressent, c’est vecteur de motivation !

Information qui a son importance : le festival a annoncé la veille au soir que cette dernière journée de dimanche serait placée sous vigilance rouge canicule. Cette décision fait suite au pasage de l’entièreté du département de Loire-Atlantique en vigilance rouge canicule. Cela implique qu’il n’y a pas de vente d’alcool fort, la vente de bière est limitée à 25cl par personne et par commande. Même chose pour le vin, c’est une dose par personne et par commande. La billetterie demi-tarif pour les enfants est fermée pour ce dimanche, les organisateurs déconseillent aux parents de venir avec leurs enfants. Ils conseillent également de repartir plus tôt du camping afin d’éviter les fortes chaleurs annoncées pour le lendemain.

Il fait bien évidemment beaucoup trop chaud et irrespirable pour aller s’enquiller des pintes ou autres boissons alcoolisées. Par contre nous entendions déjà en fin d’après-midi du côté du bar de la Warzone que certains softs allaient manquer rapidement. Espérons que des réserves aient pu être acheminées afin que les festivaliers puissent boire des boissons non alcoolisées. De notre côté nous avons beaucoup profité des points d’eau disponibles sur le site pour remplir notre gourde et ça nous convenait bien comme ça. Avec toutes ces mesures et les prévisions annoncées pour le lendemain, nous prenons la décision raisonnable de rentrer tôt ainsi qu’effectuer le trajet vers la Belgique de nuit. Quitte à malheureusement rater la fin des festivités, il faut savoir rester prudent !

Nous allons faire dans l’originalité en ce dernier jour, nous nous rendons à… la Valley pour du sludge ! Mais par contre c’est la première fois que nous avons l’occasion de voir Eyehategod. Jimmy Bower et Joey LaCaze ont fondé le groupe en 1988, mais ce dernier a quitté la formation en 2013 pour être remplacé par Aaron Hill. Au chant nous retrouvons Mike Williams et à la basse Gary Mader. Nous arrivons trempés de sueur sur le côté droit de la plaine à la recherche d’ombre, même le groupe trouve qu’il fait chaud. Malgré cette chaleur, nous parvenons rapidement à nous mettre dans l’ambiance parce que diantre que la musique est bonne ! La voix de Mike Williams est terrible en live, d’un côté tout à fait personnel nous trouvons qu’elle sonne même mieux que sur album. Nous avons l’impression d’être en plein désert, l’atmosphère est aussi lourde que les breaks des Américains. On sent qu’ils ont de la bouteille et déroulent leur set de manière impeccable. Nous sommes bien contents d’avoir pu assister à leur concert, c’était un groupe qui manquait sur notre liste et nous pouvons dire que ça vaut le coup de les voir sur scène !

Tentons de nous réfugier sous une tente, au moins l’ombre est garantie. Nous allons dans la Altar afin de découvrir un autre groupe pour la première fois en live : Six Feet Under. Un groupe de death metal américain venant tout droit de Tampa en Floride. Le groupe est né de l’éviction de Chris Barnes de Cannibal Corpse en 1995. Ray Suhy et Jack Owen officient aux guitares, tandis que c’est Jeff Golden qui gère la basse sur les tournées. Ils viennent de changer de batteur, avec la présence maintenant de Ruston Grosse. Nous n’écoutons pas ce style à longueur de journée, comme vous avez déjà pu le remarquer, mais un peu de death de temps à autre ça fait du bien ! Il faut pouvoir varier les plaisirs quand on est dans un endroit offrant un tel éventail d’artistes. On commence le concert juste en dehors de la tente, mais à l’ombre, car il ne fait respirable à l’intérieur. Malheureusement le son de Three Days Grace sur la Mainstage nous contraint à adopter une autre stratégie. Nous nous faufilons donc dans la Temple juste à côté où il y a nettement moins de monde et l’atmosphère y est plus respirable. Avec cette vue latérale, nous profitons surtout de la performance musicale, le show light n’est pas dans notre champ de vision. Au niveau vocal c’est impressionnant, la qualité et la spécificité du chant guttural que Chris Barnes sont à couper le souffle. L’univers du groupe est très sombre et violent, ça se ressent sur scène. Nous ne pouvons pas empêcher nos cervicales de s’agiter et taper du pied en suivant les blastbeats de Ruston Grosse. Niveau setlist, nous avons évidemment eu droit, en milieu de set, à l’intro de l’album Maximum Violence sorti en 1999 : Feasting on the Blood of the Insane. Ils finiront avec deux classiques de Cannibal Corpse pour le plus grand plaisir des fans.

« Fuck the rules, Fuck the system and Fuck you !«
Sourire aux lèvres, voilà comment ces vieux briscards de Corrosion of Conformity démarrent le concert. Le groupe s’est formé en 1982 en Caroline du Nord et a connu des pauses et des changements de line-up à travers les années. Woody Weatherman est là depuis le début, pour la guitare et les choeurs. Pepper Keenan est au chant et à la guitare rythmique. Bobby Landgraf est à la basse depuis 2024 et Nick Shabatura est à la batterie depuis cette année. Au niveau musical ils ont exploré pas mal de genres et sous-genres, mais de manière générale nous sommes plutôt sur quelque chose comme du heavy stoner metal… Quelque chose comme ça. Maintenant que les présentations sont faites, place à la scène. Et c’est pied au plancher que ça part ! Asleep on the Killing Floor en premier et Who’s Got the Fire déjà en troisième morceau, c’est un départ grandiose. Avec la chaleur, il n’en fallait pas plus pour allumer le public. Le bassiste Bobby Landgraf joue énormément avec le public et la caméra, c’est toujours bon délire. Tout le groupe semble prendre du plaisir sur scène, en tout cas c’est ce qu’ils parviennent à transmettre. Ils terminent avec le terrible Clean My Wounds qui termine cette prestation de feu de la plus belle des manières. Ils ont une expérience incroyable et ça se ressent très fort, leur set est calibré et ça fonctionne au poil. La sélection des morceaux et l’ordre dans lequel ils sont enchainés ont fait que c’est passé à toute allure sans que nous nous en rendions compte. Excellente découverte en live, le groupe apporte vraiment une plus-value à l’expérience.


Pépite et surprise de la programmation de la Valley cette année, c’est la présence de Acid Bath ! Tout comme nous avons déjà eu droit à Mr. Bungle il y a deux ans ou Hermano l’an dernier, le Hellfest a sorti un nom exotique de son chapeau. Cette année ce sont les Américains venus de Louisiane qui proposent leur sludge / doom aux chanceux du festival. Le groupe s’est arrêté suite au décès du bassiste Audie Pitre en 1997 et ne s’est reformé que récemment avec les membres originaux Dax Riggs au chant, Sammy « Pierre » Duet et Mike Sanchez aux guitares. Tandis que c’est à Shane Wesley de prendre la basse et Zack Simmons à la batterie. Nous ne pouvions clairement pas rater leur venue tant celle-ci est rare. Nous avons pas mal écouté leurs deux albums When the Kite String Pops et Paegan Terrorism Tactics depuis l’annonce du groupe car nous ne connaissions pas et c’était une belle découverte. Dans un style musical mélangeant le doom et le sludge avec une pointe de stoner, ça vise direct dans nos goûts. La voix particulière et certains cris nous ont interpellés sur album mais on sait qu’en live notre perception peut être différente.

Une introduction au son de Black Sabbath avec un visuel diffusé sur les écrans installent déjà bien l’ambiance. Ils font monter un peu le suspens avant de monter sur scène. Leur arrivée est effectivement acclamée par le public avec une ardeur à la hauteur de l’attente de voir ce groupe en live. Nous remuons la tête dans tous les sens avec plaisir dès le premier morceau. Nous aimons encore plus ce que nous entendons en live, c’est saturé, gras et lourd musicalement. Ce qui n’empêche pas du tout la voix de briller, le mix est parfaitement configuré. Vient ensuite Bleed Me an Ocean qui est enchainé avec Venus Blue, dédié à Audie Pitre. Le groupe déroule sans véritable pause, le set est dense et les morceaux s’enchaînent. Rien ne laisse deviner que le groupe ne tourne pratiquement pas et qu’ils ont été inactifs durant plus de 20 ans ! Ce concert-ci file également à toute allure. Nous n’avons pas le temps de reprendre notre souffle que le dernier morceau, The Blue arrive et termine cette prestation de manière magistrale. Nous ne savions pas du tout à quoi nous attendre et nous n’avons pas été déçus. Nous pourrons retourner les voir sans aucune hésitation !
Nous vous retrouverons dans quelques jours pour un article consacré aux à-côtés du festival, le bilan de cette édition ainsi que les annonces pour l’an prochain ! En attendant, nous allons nous reposer et essayer de redescendre en température !





