Lorsqu’on nous a dit « c’est d’accord pour une rencontre avec MUSTII mais vous avez dix minutes » on savait déjà qu’on repartirait de là avec plein de frustation. La frusation de ne pas avoir le temps d’aborder avec lui tous les aspects de sa carrière aux multiples visages. Et comme en plus le garçon est du genre à être généreux dans ses paroles, c’était clair que 10 minutes ça ne serait pas assez. Mais rencontrer Mustii c’est faire la connaissance d’un garçon charmant, qui s’enthousiasme des moindres choses qui peuvent sembler insignifiantes aux yeux des autres. Il fait partie de ces doux illuminés, éternels insatisfaits qui en veulent toujours plus avec l’envie d’atteindre une perfection dont ils ne se satisferont quand même jamais.

Scènes Belges : Bonjour Mustii, tu vas monter sur scène dans deux bonnes heures ici ce dimanche soir à Bruxelles dans le cadre du BSF (le compte-rendu est à lire ICI). On te sait assez nerveux en général juste avant un concert. Comment tu te sens là, à l’instant ?

Mustii : Je suis stressé, mais ça c’est toujours comme ça. Et c’est mélangé à de la fatigue parce que j’ai fais une grosse fête vendredi. C’est le truc à ne pas dire (rire). Et puis le dimanche moi je suis toujours un peu dans la Lune. C’est un jour bizarre, c’est la veille de l’école, je suis toujours un peu déphasé. J’ai pas l’impression que je vais jouer, tant mieux. Mais je sens que la nervosité monte déjà.

Scènes Belges : Ton premier album, « 21st Century Boy » est sorti il y a une petite année. Quel bilan tu en tires aujourd’hui ?

Mustii : Vraiment beaucoup de plaisir parce que ça m’a permis de faire plein de scènes. Et de date en date les gens étaient de plus en plus présents. Ils ont toujours été présents, mais les salles se remplissent et je sens qu’il y a vraiment une fan-base qui commence à se consolider. Donc ça c’est très gai, parce je sens que cet album est très bien accueilli, très positivement. Un album ça se juge aussi dans le temps. Est-ce qu’il va disparaître complètement ou pas ? On verra. Après il y a encore plein de choses à faire. Ca me donne juste envie de continuer et d’explorer plein d’autres choses différentes. Mais j’ai pas envie de refaire la même chose. Cet album est comme il est, avec ses qualités et ses défauts. Mais j’en suis relativement content. J’ai pris le temps pour le faire et ça valait le coup de prendre ce temps. En tout cas ça me permet de faire du live et c’est ce que je préfère.

Scènes Belges : En parlant de scène justement, tu vas faire un concert à l’Abbaye de Villers-La-Ville le 28 septembre. On peut s’attendre à quoi au regard du lieu ?

Mustii : Comme le lieu est effectivement très particulier cela impose de travailler la lumière différemment déjà. C’est l’équipe culturelle de Villers-La-Ville qui veut commencer à faire des concerts “pop” dans ce lieu. C’est une nouveauté pour ce lieu, d’habitude il y a le théâtre, la musique classique, les chorales. J’ai cette chance d’être le premier à expérimenter cette envie qu’ils ont. Et ils mettent tout en place pour que cela se passe dans les meilleures conditions. On ne peut pas juste s’installer là et jouer un set classique. Il faut exploiter la pierre, les ruines, l’authenticité du lieu. On va placer la scène à un endroit bien précis. Ça peut vraiment prendre une autre ampleur dans un lieu comme ça. C’est une vraie plus-value je pense, et j’espère. Et il semblerait que le public soit au taquet pour découvrir cette alliance de la musique avec ce lieu.

Scènes Belges : Comme tu le dis le public te suit. Et partout où tu passes tu es « encensé » d’une certaine manière. Il n’y a pas un moment où cette situation peut devenir un peu dangereuse ?

Mustii : C’est très gai sur le moment, mais je suis tellement nerveux, angoissé et terre-à-terre qu’honnêtement c’est même l’inverse que cela génère chez moi. Ça augmente mes doutes et mes questionnements. J’ai juste envie d’en faire plus encore. C’est pas quelque chose sur lequel je vais me reposer. J’ai plus tendance à me lyncher qu’à être dans l’euphorie comme si c’était super et que tout se passait bien. Et puis comme ma carrière évolue doucement, étape par étape, il n’y a pas d’effet buzz. Il n’y a pas une explosion comme dans certains projets musicaux ou artistiques. Tout ça c’est pas mal construit par le bouche-à-oreille dans un premier temps. Je pense que cette notoriété se fait par la scène, il faut que les gens soient venus voir alors qu’ils ne connaissaient pas du tout pour qu’ils accrochent ensuite. C’est assez sain en fait.

Scènes Belges : Tu vois déjà sur le long terme alors  ?

Mustii : Oui clairement ! Évidemment quand je reçois des avis positifs c’est agréable sur le moment. Ca me donne aussi un coup de boost… et d’angoisse pour envisager la suite. Ce serait effectivement dangereux de se dire que tout va bien, que tout est beau et que tout roule comme si tout était acquis.

Scènes Belges :Pour l’instant tu rencontres un joli succès dans la partie francophone du pays. Sachant que tu chantes en Anglais, qu’en est il de la Flandre et de l’étranger ?

Mustii : Moi c’est mon envie de développer aussi ma carrière auprès de ces publics là. On a des rencontres à faire avec des gens en France et en Flandre. J’ai envie de sortir des frontières ça c’est clair. Ne serait-ce que pour faire des premières parties en Europe. Jusqu’à maintenant on a vraiment été chercher les gens dans la partie francophone du pays. Maintenant je voudrais passer à l’étape supérieure. Et en parallèle je travaille déjà sur du nouveau contenu en vue d’un prochain album, pour aussi aller le présenter à l’étranger. C’est excitant parce que c’est comme repartir d’une feuille blanche. Et le choix de l’Anglais pour mes paroles n’est par contre pas lié à une quelconque stratégie d’exportation de ma musique à l’étranger. C’est ma culture musicale qui fait ça, très clairement.

Scènes Belges : Comme tu parles de ta culture musicale, la presse te compare souvent à David Bowie dont tu es fan. Tu en penses quoi ?

Mustii : Personnellement je n’oserai jamais faire cette comparaison. Je ne crache pas dessus et c’est très flatteur mais je suis à des années lumières de sa carrière. Évidemment dans la démarche artistique et dans l’inspiration il y a des similitudes et je veux les assumer. Mais je ne suis pas un musicien à la base moi, je suis acteur et je ne sais pas jouer d’instrument. Donc non cette comparaison est disproportionnée même si elle est touchante.

Scènes Belges : On arrive à la fin de cette interview, tu vas aller te préparer pour ce soir. Dis nous quel a été ton pire et ton meilleur souvenir sur scène ?

Mustii :Mon pire souvenir c’était dans un festival où je passais avant un rappeur. Il y avait beaucoup d’artistes qui devaient jouer ce soir là. Et dans le public au premier rang il y avait tout un groupe qui étaient là pour ce rappeur. Ils étaient 6 ou 7, pas plus, mais ils se sont mit à m’insulter. Je pense que les musiciens et le reste du public ne se sont pas rendu-compte de ce qu’il se passait, mais ça m’a malgré tout fortement perturbé pour le reste du concert. C’était la première fois que j’étais confronté à une hostilité aussi manifeste à mon égard.

Mon meilleur souvenir jusqu’à maintenant je pense que c’était mon concert à l’Ancienne Belgique en février de cette année. Tout était juste parfait. C’était très différent du premier concert que j’avais fais à l’AB Box le jour de la sortie de mon album. J’étais plus nerveux, stressé et inquiet parce que je ne savais pas comment ça allait se passer. C’était la première fois qu’on jouais le show « en vrai », pour un public. Et les gens ne connaissaient pas encore les chansons puisque l’album venait de sortir. Alors qu’en février on maitrisait déjà beaucoup plus ce qu’on faisait, le public nous a suivi a fond d’un bout à l’autre du concert. C’était vraiment très émouvant comme soirée.

Pour rappel, MUSTII sera en concert à l’Abbaye de Villers-La-Ville le 28/9, à la Caserne Fonck à Liège le 18/10 et au Cirque Royal le 6/11.

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