Ne nous mentons pas, la salle de l’Ancienne Belgique aurait pu être beaucoup plus remplie: 900 personnes (de quoi remplir une belle petite AB box quand même). Dommage, mais pourtant, ça ne se voyait pas tant l’engouement du public présent, depuis la première heure ou depuis le dernier album (presque trois générations, au final), autant dans les cris d’euphorie de certaines fans et que dans le chant assidu des paroles de chaque chanson. Et c’est dire si celles-ci sont marquantes, car il ne s’agit pas de chantonner un refrain de quatre mots, mais bien des couplets d’une plume qui n’a jamais cédé à la facilité et a offert quelques perles!

Ainsi, la soirée a commencé avec une première partie charmante et toute en innocence d’Alice (oui, la petite qui a été très loin dans l’émission The Voice de l’année passée) qui nous a balancé quelques très belles chansons pop, entre batterie et piano rythmant le tout, et en anglais, avec une voix à tomber! Avec une excellente reprise d’Infinity d’Oscar and the Wolf.

1460277_10152359129660974_5922240345744168433_n

crédit: Kmeron

Puis, c’est au tour de Saint André d’entrer en scène. Jean-Charles Santini, toujours impeccablement habillé, fait ressentir son bonheur d’être là, devant ce qui est plus que jamais, son public, mais avec une pudeur remarquable aussi (moins que celle de certaines femmes criant, devant une assistance hilare, “À poil, Jean-Charles“, sans doute l’apanage du charme du chanteur). Certes, il est loin le temps du jeune étudiant en kiné. Et si son album La proposition nous avait un tout petit peu déçu, c’est peut-être que nous n’avions pas songé à quel point cet album pouvait être fait pour les lives, tant du Judoka à La grande illusion, chaque chanson sonnait mieux et la voix de Jean-Charles étaient plus compréhensible. Un chanteur ému d’être là, fort en causette avec le public marquant l’importance de celui-ci. Un public qu’il a même gratifié, à l’instar des grandes stars, d’une session intime et acoustique. Ainsi que d’une magnifique scénographie! “On est en famille, on peut quand même se parler.

1907899_10152359129775974_3105708778539716088_n

Cadeau: Jean-Charles ne pouvait se montrer plus proche de se public qu’il aime tant, qu’en entonnant avec lui ce duo à centaines de voix crédit: Kmeron

Heureusement, s’il a consacré, et c’est normal, une grand partie de son set à son dernier album et à ses nombreux “tubes” (de Bleu de toi à Un autre que moi, en passant par Les contes de fée sont souvent méchants ou Comme un éléphant, on se rend compte à quel point le groupe a enchaîné les chansons connues), Saint André n’en a pas oublier ses chansons un peu plus anciennes (et autres que ses tubes) comme un toujours aussi terrible Les petits soldats, l’incomparable reprise de Charles Aznavour Comme ils disent ou l’une des plus sublimes chansons de son répertoire Le roi des infidèles. Bon, c’est vrai, peut-être manquait-il un Je balancerai des roses ou Le grand soir pour nous porter le coup final, mais ce n’était que pour nous rappeler à quel point le chanteur a constitué un répertoire marquant dont aucune chanson n’est anodine tant toutes ont leur importance. Entre chanson populaire et vrai pouvoir d’interprétation, Saint André est un cas à part dans une musique, qu’elle soit studio ou pas, de plus en plus vidée de son sens et de son propos. Et au bout de près de deux heures de concert, le public ne s’y trompait pas: le plus Belge des Corses (qu’il chante dans le merveilleux Printemps) avait encore marqué des points devant une salle, certes pas comble mais comblée. Comme Jean-Charles, tant pour lui “vivre un soir” sous les augustes cieux bruxellois avait l’air de n’avoir aucun prix.

Please follow and like us:
error
fb-share-icon