Scènes belges : Nous venons de vous voir sur le festival, mais nous vous avions vu aussi lors de la conférence de presse des Nuits du Botanique avec une formule très différente, piano – voix. Quel est l’intérêt de l’une ou de l’autre de vos versions ?

Scylla : Les deux versions se valent, avec à chaque fois le même principe : essayer de descendre, métaphoriquement, dans mes profondeurs. Après, c’est décliné de deux manières différentes avec deux énergies différentes. 15_Scylla_Itw_NJ-626Il y en a un qui est plus axé sur le côté intimiste, et puis c’est tout un concept que je développe avec Sofiane Pamard, qui est le pianiste, et on est ensemble sur ce projet où on essaye que tout se tienne de A à Z. On est entrain de construire ça, et on va le présenter au Cirque Royal le 20 mai, pour les Nuits du Bota. On va présenter certaines pièces de ce puzzle, tout en gardant une configuration actuelle, mais avec aussi un MPC live.

SB : J’ai été très surpris de toute la gestuelle. Le concert me semble extrêmement étudié au niveau chorégraphique, au niveau de la gestuelle. Il y a pas mal d’expression dans les mains. Est-ce quelque chose que vous avez travaillé ou ça vient comme ça ?

S : Ca vient tout naturellement. On essaye effectiv ement de travailler des positions scéniques parce qu’il faut occuper un certain espace, parce que dans le rap, contrairement au rock, il n’y a pas une guitare, une batterie, etc…, l’espace est plus difficilement occupable, donc on fait en sorte d’occuper l’espace d’une certaine manière, mais ce sont plutôt des automatismes à force de faire des scènes. Cette scène-ci, on l’a présentée en France, en Suisse, ici… Au fur et à mesure des dates viennent les automatismes, et c’est ça qui te donne cet aspect un peu rodé.

SB : Un public extrêmement réactif, aujourd’hui, qui vous suit, qui a l’air de connaître l’album, ça fait plaisir…

S : Bien sûr. C’est toujours une surprise. On arrive dans un festival, un concert, on ne sait jamais s’il y aura du monde, ou des gens qui connaissent… A chaque fois, c’est une très bonne énergie qui nous est transmise.

SB : Vous avez dit, sur la fin du set : « je suis un rappeur à message ». C’est fondamental dans votre démarche ?

S : C’est fondamental ! S’il n’y a pas ça, ça ne m’intéresse pas. Je ne fais pas ça pour mon propre égo, en tous cas. J’essaye de transmettre des choses, comme si j’avais ouvert moi-même une association pour tenter de sensibiliser. J’essaye de le faire via la musique…

SB : Dans une perspective éducative ? Vous avez envie de dire des choses aux jeunes ?

S : Educatif, c’est prétentieux, parce que… Je n’ai pas de leçon de morale à donner. J’essaye d’ouvrir des portes, sans pour autant pousser les personnes à l’intérieur des pièces que je leur montre, mais c’est plus subjectif. A partir de ce moment, eux ont le choix d’entrer, d’explorer les pièces que je leur entrouvre. Ce qui vient avec le piano, c’est exactement la même chose. On resterait plus dans la subjectivité, sauf que là, il y a un concept autour. Ce 20 mai au Cirque Royal, on verra. On prendra les retours à ce moment-là, parce qu’effectivement on change.

SB : C’est un risque artistique ?

S : Effectivement, on remet tout à zéro.

SB : Vous l’appréhendez ?

S : Bien sûr. En même temps, c’est l’inspiration. Je ne me suis pas dit : « je vais sortir du rap… ». J’ai rencontré cette personne, on est parti sur cette inspiration commune, et on va essayer de voir ce qui en ressort. Il faut essayer de mener le projet jusqu’au bout en tous cas.

SB : Scylla, Merci !

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