Il n’y a pas que du côté de l’IRM à Uccle qu’un record de température a été enregistré ce 25 fevrier. En effet, La Rotonde du Botanique affichait complet ce mercredi soir à l’occasion de la venue de l’Australienne SAM QUEALY, dont le second album, « Jawbreaker », vient tout juste de sortir. Installée à Paris, c’est avec le soutien de Marlon Magnée, leader du génialissime groupe La Femme et qui agit ici dans l’ombre, que la chanteuse sévit. Il en découle un univers et une musique à l’identité forte et singulière où pop dansante, disco et délire rétro-futuristes font tourner les têtes. N’ayant pas froid aux yeux, la scène est un endroit où Sam Quealy est pleinement à son aise, comme en témoigne les images de la première partie qu’elle assuré pour La Femme à Paris-Bercy (pardon ‘L’Accor Arena », c’est tellement plus sexy et glamour, jusqu’à l’écœurement et au vomi derrière le buisson) il y a quelques semaines. Son passage par Bruxelles constituait donc une occasion d’aller vérifier et confirmer l’enthousiasme grandissant autour de cette perfomeuse scénique.

En première partie, c’est le duo féminin d’AZIZAM qui est à la manœuvre. Nous les avions déjà vues à l’œuvre en octobre dernier, également en première partie mais pour Scratch Massive. Avec un premier EP prometteur où se mélangent influences électroniques, guitare électrique et sonorités orientales et plus spécifiquement iraniennes, la sauce prend toujours autant et séduit rapidement un public de curieux. Le jeu note à note de la guitare électrique oscille entre sensualité nocturne et nervosité d’un troupeau de chevaux sous tension, prêt à partir au grand galop à tout instant. Et c’est ce qu’il se passe lorsque les notes se transforment en accords saturés hypnotiques. De quoi mettre au tapis certains de ces messieurs suintant de testostérones, à defaut de finesse d’esprit, qui se sont historiquement appropriés les codes du rock. Azizam confirme donc son statut de projet à suivre de près. Le duo jouant à plein pot et avec plaisir un rôle de globe-trotteuses musicales et culturelles. Les longs applaudissements qui ont suivi le set semblent confirmer notre enthousiaste point de vue.

Pour la suite de la soirée, la scène est mise à nu : pas d’instruments ou même de pied de micro. Rien du tout. Nous devons donc nous attendre à un concert en format karaoke où une bande sonore instrumentale accompagnera le chant de la dame. Bien que nous ne soyons pas fans de cette formule, attendons de voir tout ça prendre vie. Et il ne faut pas attendre bien longtemps pour que les chose s’animent chaudement : c’est accompagnée de deux danseurs qui semblent s’être échappés d’une tournée de Mylène Farmer que Sam Quealy monte sur scène, vêtue d’un corset blanc « push-up » ainsi que d’un mini-short.

D’une certaine manière, tout ça prend des airs de version scénique et musicale du personnage d’Harley Quinn dans Suicide Squad. La Rotonde se met à rugir de tous les cotés avec un public à fond, confirmant l’aspect karaoké de la soirée. Au regard des nombreuses chorégraphies, cascades digne d’un match de catch, on se doute qu’il y a probablement aussi un peu de playback là-derrière. Kamel Ouali a du souci à se faire. Nous sommes parfois plus proche du spectacle-cabaret que du concert au sens classique du terme. Cependant, au regard des nombreux petits signaux qu’elle envoie tout au long de la soirée à l’ingénieur du son, il serait malhonnête et mensonger de crier au scandale concernant une utilisation récurrente ou abusive du playback.

Surfant sur un courant disco-pop moderne et plutôt bien inspiré par ce qui se faisait au cœur des années 80, Sam Quealy prend la posture d’une icône pop comme l’ont été, et le sont toujours d’ailleurs, Madonna, Lady Gaga, Sabrina Carpenter, Britney Spears et Miley Cyrus : refrains entêtants et rythmiques dansantes, pose sexuellement suggestive où la nudité des corps (et des fesses de ces messieurs qui dansent) musclés et transpirant est la norme. Le tout étant porté par un message global d’amour faisant directement écho auprès d’une solide fan base qui trouve notamment sa source au sein des communautés LGBT élargies. C’est donc assez rapidement que la demoiselle et ses deux danseurs se saisissent d’un grand drapeau LGBTQIA+ qu’ils brandissent sur scène. Tout ça est euphoriquement et merveilleusement dégoulinant d’amour.

Musicalement, le set d’une grosse heure quart se joue sans temps-morts, Sam Quealy enchainant les titres de ses deux albums avec pour chacun morceau des chorégraphies et mises en scène. Sa voix est très souvent passées dans la moulinette d’effets sonores divers. Chaque titre aux couleurs disco chaudes et ensoleillées suscite joie et enthousiasme avec quelques moments forts en fin de set. « Londontown » qui ouvre ce deuxième album nous fait ainsi penser à une version plus rapide et musclée du titre « Cambodia » de Kim Wilde, grand classique des années 80. Idem pour « Watch me now » et l’entêtant « Say my name » ou le très punk et synthetique « Pussy Power ». Le concert terminé, la salle se vide en quelques instants car une grande partie du public prend la direction, au pas de course, du stand de merchandising pour dévaliser le stock en.un temps record. Bénéficiant actuellement d’une campagne médiatique plutôt positive qui la présente comme la nouvelle bombe aux accents dirty-pop et discos, il reste à voir si la dame sera en mesure de charmer un public plus large dans le futur et ainsi pouvoir faire grandir son projet vers quelque chose de plus percutant et spectaculaire encore.

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