L’arrivée du mois de septembre marque la rentrée des classes et le retour progessif vers les salles de concerts, nous épargnant dès lors les caprices météorologiques en tout genre qui rythment la saison des festivals. C’est du côté du Botanique que nous nous retrouvons donc en ce lundi 8 septembre à l’occasion de la venue des Anglais de THE HORRORS. Cette soirée doit permettre de combler les amateurs de musiques aux ambiances froides et sombres, le groupe évoluant quelque part dans des eaux troubles où se mélangent post-punk, cold wave, rock et électronique sur fond d’atmosphère de pré-apocalypse héritée de la guerre froide. A chaque nouvel album, The Horrors, réinvente ce qui se faisait de mieux dans les désormais sacralisées années 80, quitte à brouiller les pistes et désarçonner l’auditeur. De quoi rendre le groupe d’autant plus singulier et intéressant à suivre.

Ce sont les Néerlandais de POL qui ouvrent la soirée : batterie martiale, lignes de basse rappeuses, synthétiseurs métalliques et quelques accords de guitares abruptes accompagnent une voix distordue. Tout ça sent bien entendu les differentes vagues sonores sombres et alternatives qui ont marqué les années 80, avec un petit quelque chose de dansant et entêtant en plus. Quelques lignes électroniques bidoulliées plus joyeuses viennent agrémenter l’ensemble. Dans ce décor sonore à la frontiere des époques, la batterie qui remplace l’indéboulonable boîte à rythmes de cette époque joue le trait d’union avec des temps plus actuels. La deuxième partie du set est plus rock avec une guitare mise à son avantage. Le public de l’Orangerie semble en tout cas ravi de cette première demi-heure.

L’entracte, appelons le comme ça, est rythmé par une techno sombre et lourde, presque industrielle, qui tabasse avec conviction, nous rappelant les premiers EPs de Charlotte de Witte. On parle bien ici des EPs de l’époque où la productrice gantoise était plus préoccupée par sa musique que par ses posts Instagram. Ce tacle étant fait, cela n’enlève rien à l’appréciation positive que nous avons de cet intermède sonore musclé où s immiscent quelques remix de The Horrors. Cela tombe plutôt bien direz-vous.

C’est dans une atmosphère de pénombre enfumée que le set des Anglais débute. Des nappes sonores métalliques et lugubres se font entendre alors que le groupe prend place sur scène. Pour des photos dignes de ce nom, il faudra donc repasser. La voix fantomatique et caverneuse de Faris Badwan se fait alors entendre sur une mélodie lancinante et lugubre. Une première tempête de stroboscopes vient ensuite violemment déchirer l’obscurité sur « The silence that remains », premier titre joué ce soir et extrait de « Night life », dernier album en date. L’atmosphère se fait alors ragueuse. La setlist fait d’ailleurs la part belle à cet album ainsi qu’au second album du groupe, « Primary colours », sorti en 2009. « Three decades », qui suit en second titre du concert inscrit ensuite le concert dans la pure tradition post-punk des eighties avec une basse qui carbure à plein pot en brutalisant tout ce qui se trouve sur son passage. Le ton se durcit et le son devient plus massif et rugueux alors que le chant se fait quant à lui aussi plus incisif et nerveux.

Evoluant constamment dans la pénombre, le groupe s’efface au profit des ambiances que chaque titre construit. Seul Faris Badwan se détache de l’ensemble avec une présence scénique mouvementée et intense, son corps semblant traduire l’interprétation de chacune de ses paroles. L’air de rien, la place occupée par les synthés et les arrangements électroniques joue un rôle clé pour appuyer le traditionnel trio guitare-basse-batterie, tout en insufflant une touche de romantisme à l’ensemble.

Après un passage plus mélancolique en cours de set, The Horrors s’en va titiller un sombre dancefloor désabusé aux airs de pré-apocalypse avant de réveiller les démons de Joy Division avec des mélodies inspirées de l’iconique « Love Will Tear Us Apart ». The Horrors possède sans aucun doute l’ADN du post punk des années 80 avec la maîtrise et la puissance des technologies d’aujourd’hui tout en ayant le recul artistique et critique. Cela nous permet de laisser de côté les défauts et excès de style des temps passés pour ne conserver que ce qui y est source de sombres plaisirs, offrant une prestation sous tension mais avec une cohésion et une richesse d’ensemble très appréciable. Le public attentif et enthousiaste en aura eu pour son compte.

Setlist – THE HORRORS – Botanique – 8/9/25

The Silence That Remains – Three Decades – Mirror’s Image – Silent Sister – Sea Within a Sea – Endless Blue – Still Life – More Than Life – Ghost – LA Runaway – Who Can Say – Lotus Eater – Scarlet Fields – Something to Remember Me By

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